Ayant séjourné à CLS pendant de longs mois pour raison de « conservation de grossesse » (de juillet – fin nov. 1990), je me permets de donner les quelques impressions qui me sont restées de ce superbe séjour. Je suis arrivée un soir en urgence à raison d’un déchirement du placenta. J’ai été obligée de rester alitée jusqu’au 19 nov., soit durant cinq longs mois. A l’époque, le Directeur de la Clinique, Monsieur Michel Walther et son excellente équipe du 1er étage (couloir de droite), ainsi que Mme Malaké Rahal (infirmière chef de la maternité) avaient résolument tout entrepris afin d’agrémenter le plus possible mon séjour. Ainsi, afin de rompre avec la monotonie du quotidien, j’avais pu bénéficier d’un changement de chambre quasiment tous les mois, ce qui me permettait d’admirer de nouveaux papiers peints colorés et fleuris(!) et d’avoir une vue différente à chaque fois. Pour terminer cet agréable séjour, on m’avait installée dans la chambre 101 au bout du couloir, où un oiseau (du type : merle des Indes) sifflait durant des heures la mélodie du film « Le pont de la RIvière Kwai ». Il était devenue en quelque sorte, mon compagnon de chambre durant ces longs mois où ma fenêtre restait grand ouverte en raison des chaleurs estivales. Notre ami, l’aumônier Alain Burnand, venait me voir tous les jours sans exception, afin de me remonter le moral. Nous discutions de tout, du Danemark – mon pays natal – et de Kaj Munk, grand réformateur danois. Nous sommes ainsi devenus de proches amis et c’est avec une grande émotion qu’il a baptisé notre première fille, Céline, qu’il avait, d’une certaine façon, accompagnée durant ces longs mois, tout en prenant soin de moi. Comme je n’étais pas réellement souffrante mais simplement alitée, je ne me sentais pas fatiguée le soir venu. Les veilleuses de nuit venaient souvent « papoter » la nuit à mon chevet. Je me souviens surtout de Haneli, une femme extra-ordinaire, originaire de suisse allemande, ainsi que de Fatoum Sheref, une sage-femme algérienne, d’une grande gentillesse et avec laquelle nous avions partagé un couscous et d’autres délices en pleine nuit. Mon impression était que l’ambiance qui régnait à CLS entre les différents membres du personnel était excellente. Ils formaient une grande famille qui m’a réellement manquée le jour où j’ai pu quitter la clinique avec ma petite fille (grande prématurée) et après une éclampsie, qui s’est fort heureusement bien terminée! Cette époque de ma vie fut très enrichissante et m’a beaucoup appris tant sur le plan personnel que relationnel. Après tant d’années, je tiens à exprimer encore une fois un immense MERCI à tout ceux et celles qui se reconnaîtront dans cette histoire à l’issue très heureuse et dont le souvenir restera à jamais gravé dans ma mémoire.